Abattoir d’Alès, un cas parmi tant d’autres

La vidéo qui a révélé le scandale des pratiques de l’abattoir d’Alès n’est malheureusement pas une surprise pour ce qui est de l’abattage des équidés en France. En effet, les chevaux sont généralement mis à mort sur des chaînes non appropriées, en surplus des animaux des autres espèces.

C’est la raison pour laquelle la Ligue pour la protection du cheval (LFPC) dénonce vigoureusement le devenir des chevaux réformés, envoyés vers l’abattoir par facilité et pour un gain de quelque 200 à 300 €, après avoir permis à leurs propriétaires d’engranger des profits importants ou, à défaut, de soutenir leurs activités équestres.

Dans ce contexte, la LFPC s’étonne de l’attitude particulièrement désinvolte du ministre de l’Agriculture qui semble considérer l’affaire d’Alès comme accessoire, vu sa réaction ou plutôt son absence de réaction. Il s’est notamment mis en retrait derrière ses inspecteurs vétérinaires, dont le corps a pourtant été décimé ces dernières années. Et ce ne sont pas les 60 postes annuels supplémentaires, accordés pendant quatre ans, qui changeront la donne, d’autant que ces nouveaux recrutements seront principalement affectés en abattoirs de volailles pour répondre aux obligations européennes.

Aussi, la LFPC demande que le système de contrôle des abattoirs soit remis à plat au plus vite, vu que ces inspections n’ont pu empêcher des pratiques scandaleuses et encore trop courantes. À défaut, la LFPC combattra le principe même de l’envoi de poneys ou de chevaux de centre équestre ou de courses en fin de carrière sur les chaînes d’abattage, et s’opposera à ce qu’un animal de sport et de loisir finisse de cette façon si les conditions de leur mise à mort n’évoluent pas significativement.

Cela passe nécessairement par une transparence de la filière face aux contrôles, qui doivent être inopinés. Cela implique également de recourir à des vétérinaires sanitaires assermentés pour fluidifier les échanges d’informations. Enfin, cela doit aboutir à relancer le principe des anciens comités départementaux de la protection animale ou des Conseils régionaux d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cropsav), afin de pouvoir mandater des ONG clairement identifiées et légitimes, tant en termes d’expertise que de représentativité.

Face à la volonté du ministère de l’Agriculture de minimiser l’affaire de l’abattoir d’Alès, la LFPC a décidé de cosigner, avec d’autres associations de protection animale, une lettre à Stéphane Le Foll pour lui remémorer que la France est régulièrement rappelée à l’ordre par la Commission européenne, tant pour son laxisme que pour le non-respect volontaire de la réglementation en vigueur dans les abattoirs.

En outre, une pétition demandant une commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs a été lancée par la sénatrice Sylvie Goy-Chavent. La LFPC soutient cette initiative.

https://www.change.org/p/pour-une-commission-d-enqu%C3%AAte-sur-les-m%C3%A9thodes-d-abattage-des-animaux-de-boucherie

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