
Au nom de la Ligue française pour la protection du cheval, nous rendons un hommage profondément respectueux à Nicolas Blondeau, dont la disparition brutale, le 22 janvier 2026, a bouleversé la communauté équestre.
Au-delà des titres et des disciplines, Nicolas Blondeau aura incarné une idée simple, exigeante et bien actuelle : on ne protège durablement le cheval qu’en élevant le niveau de compréhension de l’humain. Sa vie de formateur et d’homme de cheval aura été marquée par cette recherche d’un accord juste, où la sécurité, le bien-être et la performance ne s’opposent pas mais se renforcent lorsqu’on replace l’apprentissage, la progressivité et la cohérence au centre.
Nous mesurons la portée d’un tel héritage. Chaque cheval qui échappe à l’escalade de la contrainte, chaque situation à risque évitée, chaque relation apaisée qui se construit dans le respect des signaux et du rythme de l’animal, relève d’une protection très concrète. Dans un pays où trop de souffrances équines naissent encore de malentendus, d’impatience ou de méthodes inadaptées, la pédagogie de Nicolas Blondeau rappelle que la prévention passe d’abord par l’éducation aux bonnes pratiques, par la qualité du geste et par la responsabilité du cavalier.
La méthode qu’il a développée et transmise avec constance, notamment à travers l’École Blondeau à Saumur, a touché bien au-delà de son cercle d’initiés. Elle a ouvert des passerelles entre sport, courses, réhabilitation et enseignement, et a contribué à faire évoluer les représentations : un cheval difficile n’est pas un mauvais cheval, mais souvent un cheval incompris, pressé, ou mis en échec. Réapprendre à observer, à préparer à pied, à clarifier sans brutaliser, c’est déjà défendre le cheval.
Nous voulons aussi saluer l’homme : celui qui a choisi de consacrer sa vie au terrain, au travail patient, aux nuances, à ce que l’on ne voit pas dans une démonstration spectaculaire mais qui change tout au quotidien. Son influence se lit dans la trajectoire de nombreux professionnels, via des chevaux remis en confiance et des cavaliers transformés par une approche qui demande plus de rigueur intérieure que de force.
À sa famille, à ses proches et à toutes celles et ceux qui poursuivent son œuvre, la LFPC adresse ses condoléances les plus sincères. Nous partageons votre peine et votre fierté. Nicolas Blondeau laisse une trace rare : celle d’un homme qui aura, par la transmission, contribué à mieux protéger le cheval.

















